Cours du pétrole : évolution historique et facteurs de hausse

Portrait Audrey Croiset
Écrit par Audrey Croiset
Publié le 23 décembre 2025

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Le pétrole est l’une des matières premières les plus scrutées, puisque l’évolution de son prix peut entraîner des conséquences majeures sur de nombreuses industries et plus globalement sur l’économie mondiale. Or, il connaît des fluctuations considérables depuis les années 1970, au gré des conflits géopolitiques, des crises économiques et des consignes de l’OPEP.

On retrace l’évolution du cours du pétrole au cours des dernières décennies, avant d’étudier les projections des experts pour 2026.

L’essentiel

Les deux chocs pétroliers des années 1970 sont liés à des tensions au Moyen-Orient.

La décennie 2000 est marquée par une flambée importante des prix du baril, due au plafonnement des volumes extraits et à la hausse de la demande des pays émergents.

Le cours du pétrole fluctue entre 60$ et 80$ depuis 2023. L’OPEP et l’AIE n’anticipent pas de variation significative pour l’année à venir.

Avertissement

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Cours du pétrole jusqu’en 2005 : une progression par à-coups

Entre 1976 et 2005, le prix du pétrole a été multiplié par quatre. Bien loin de suivre une croissance linéaire, sa courbe connaît une succession de chocs haussiers et baissiers, qui s’accélère au début des années 2000.

Bon à savoir

Nous avons choisi de retenir ici le cours du Brent en dollars américains par baril. Le Brent correspond à un gisement pétrolier situé en mer du Nord, il sert de référence pour une partie du marché pétrolier, dont le marché européen. Le marché américain s’appuie sur le cours du WTI.

Sur les marchés, le cours du pétrole est exprimé en barils, une unité de mesure qui représente environ 159 litres. Il est libellé en dollars américains dans les transactions internationales.

Les chocs pétroliers des années 1970

Au terme des Trente Glorieuses, le cours du combustible connaît deux envolées successives, que l’on désigne communément comme les « chocs pétroliers ».

  • En octobre 1973, le déclenchement de la guerre du Kippour bouscule la géopolitique mondiale. En réaction au soutien américain apporté à Israël, les pays arabes s’accordent sur une hausse de 70% du prix du pétrole. 
  • Entre 1978 et 1979, la révolution iranienne inquiète les marchés financiers. Dans la foulée, le déclenchement du conflit entre l’Iran et l’Irak en 1980 alimente la hausse de la valeur du baril. Elle passe de 14$ à 35$ en l’espace de quelques mois, avant d’amorcer un recul très progressif à partir du printemps 1981.

Entre le milieu de la décennie 1980 et la fin des années 1990, le cours du Brent sous les 20$. Il atteint un niveau historiquement bas en décembre 1998 (9,90$).

Comment investir dans le pétrole ?

Pour investir dans le pétrole, vous avez plusieurs options.

  1. Acheter des actions de compagnies pétrolières comme TotalEnergies ou Chevron.
  2. Investir dans des ETF qui répliquent le cours du pétrole Brent ou WTI.
  3. Acheter du pétrole via des instruments financiers plus complexes, comme les contrats à terme.

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Tout investissement comporte des risques de perte de capital.

Passage au 3e millénaire : la demande fait grimper le cours du pétrole

Au moment du changement de millénaire, on observe un rebond important du prix du combustible. Il est multiplié par trois entre janvier 1999 et septembre 2000.

Cette hausse résulte d’une politique menée par l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP). À l’initiative de l’Arabie Saoudite et du Venezuela, elle limite les volumes de production pour lutter contre les pertes de revenus engendrées par la baisse continue du cours.

Le prix du combustible observe ensuite une courbe globalement ascendante, jusqu’à atteindre 67$ à l’été 2006. Cette tendance correspond aux prémices du 3e choc pétrolier.

Bon à savoir : L’OPEP a été fondée en 1960, à l’occasion de la conférence de Bagdad, afin de défendre les intérêts des pays producteurs. Elle compte 12 membres : des pays africains et du Moyen-Orient, auquel s’ajoute le Venezuela.

Évolution du cours du pétrole sur 20 ans

Depuis 2006, le cours du baril de pétrole est très loin de suivre une tendance linéaire.

2007 – 2008 : Le troisième choc pétrolier 

Le prix du pétrole entame une nouvelle envolée en 2007. Alors que le baril se négocie autour des 50 $ en janvier, il atteint son record historique en juillet 2008, à 134$. Cette fois, la flambée ne se justifie pas seulement par des tensions géopolitiques, mais bien par la tendance conjoncturelle du marché.

Le développement de l’économie des pays émergents (Chine, Inde, etc.) entraîne une croissance rapide de la demande en pétrole. Les craintes générées par l’intervention américaine en Irak ne font qu’aggraver la dynamique haussière.

Au second trimestre 2008, le déclenchement de la crise des subprimes marque un coup d’arrêt très net à ce rallye. En l’espace de quelques mois, les prix du baril redescendent à 40$. Le ralentissement brutal de la production mondiale entraîne mécaniquement une baisse de la demande. [1]

2014 – 2016 : Nouvel effondrement des cours

Entre 2010 et 2014, le baril de Brent se négocie au-dessus de la barre des 100$. Puis, son prix amorce alors une chute durable, qui le mène à 30$ en janvier 2016. 

Ce nouvel effondrement des cours s’explique par une offre excédentaire, qui est elle-même le résultat d’une hausse des volumes extraits aux États-Unis. Les membres de l’OPEP décident de ne pas ajuster leurs quotas de production, et engagent un bras de fer avec le pays de l’Oncle Sam.

2020 – 2022 : pandémie et guerre en Ukraine 

Au début des années 2020, deux événements majeurs impactent l’économie mondiale, et par ricochet les cours de nombreuses matières premières.

Dans un premier temps, la pandémie de COVID-19 génère un effondrement de la valeur du pétrole au printemps 2020 : de 64$ en janvier, jusqu’à 18$ en avril. Les confinements instaurés dans de nombreuses régions entraînent un ralentissement drastique de l’industrie. La demande d’hydrocarbures est en chute libre, jusqu’à ce que les cours se reprennent progressivement avec la levée des premières restrictions.

Début 2022, les États occidentaux sanctionnent la Russie après son invasion de l’Ukraine. Or, le pays des tsars constituait le deuxième producteur mondial de pétrole en 2021. L’établissement d’un nouvel ordre sur le marché conduit à une forte hausse du prix du baril (+26% en 5 mois).

Cours du pétrole en 2025 : une stabilité toute relative 

Tout au long de l’année 2025, la valeur du baril évolue dans un canal compris entre 60$ et 80$. On note toutefois plusieurs fluctuations marquantes au premier semestre.

Le cours du pétrole commence l’année autour des 80$, avant d’amorcer un recul durable face aux craintes qui pèsent sur l’économie mondiale. Il chute à 60$ en mai, alors que les menaces douanières de Donald Trump envers ses partenaires commerciaux atteignent leur apogée.

La temporisation du président américain permet la stabilisation des cours autour de 65$ jusqu’au début de l’été. Juin marque une hausse soudaine du prix du baril, qui franchit brièvement la barre des 80$. Israël et l’Iran mènent alors une guerre éclair, qui suscite de fortes craintes sur l’équilibre géopolitique du Moyen-Orient.

Le cessez-le-feu décidé le 24 juin conduit à une correction immédiate du cours. Sa courbe suit depuis une phase légèrement descendante, du fait de la menace d’une offre excédentaire par rapport à la demande.

Pourquoi le prix du pétrole augmente-t-il ? 

On peut difficilement anticiper l’évolution du cours du pétrole, tant il existe de facteurs qui peuvent l’influencer. Voici une sélection des principaux événements susceptibles de faire fluctuer son prix à la hausse ou à la baisse.

Facteurs de hausseFacteurs de baisse
Conflits militaires dans les pays producteursCrises économiques 
Épuisement des ressources mondialesRalentissement industriel
Plafonnement des volumes extraits par l’OPEPDémocratisation de sources d’énergie alternatives
Sanctions internationales contre des pays producteursAccroissement de l’offre de pétrole

Prévisions du cours du pétrole en 2026 : l’avis des experts

Le cours du pétrole est suivi par de nombreux analystes, tant il peut avoir de conséquences sur l’économie globale. Les principaux acteurs de ce marché partagent régulièrement leurs prévisions pour les mois à venir, afin de tenter d’anticiper ses fluctuations. 

Tout d’abord, l’OPEP table sur un apaisement des tensions commerciales et sur une croissance mondiale constante. La demande ne devrait donc pas connaître d’évolutions significatives dans les prochains mois. Selon l’organisme, qui s’est allié avec la Russie en 2016, la stabilisation de ses volumes de production devrait conduire à un maintien des cours.

D’autres prévisions se veulent moins optimistes. Ainsi, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) mise plutôt sur une offre en surabondance, qui pourrait entraîner la poursuite du recul des prix observé depuis plusieurs mois. Elle a toutefois nuancé ses projections dans une de ses dernières communications, à la mi-décembre.

Si la tendance globale est à la stabilisation, plusieurs dossiers géopolitiques pourraient avoir un impact sur le cours du pétrole dans les prochains mois.

  • L’évolution des sanctions occidentales contre la Russie.
  • Une possible aggravation des tensions entre le Venezuela et les États-Unis.
  • L’éventualité d’un nouveau conflit armé entre Israël et d’autres États du Moyen-Orient.
  • L’évolution des relations commerciales entre la Chine et les pays développés (États-Unis, Union européenne).
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Audrey Croiset
Rédactrice en chef

Lead Copywriter chez Syntax Finance, Audrey possède un diplôme d’études comptables et financières (DECF) et une expérience professionnelle de plus de 15 ans dans les secteurs bancaire et comptable.