Faut-il investir dans l’action Atos ?

Écrit par Othmane Bennis
Portrait Audrey Croiset
Révisé parAudrey Croiset
Publié le 29 décembre 2025

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Atos est l’une des sociétés qui enregistrent les pires performances sur Euronext Paris ces dernières années. Si le géant informatique occupait une place dans le CAC 40 jusqu’en septembre 2021, il en est aujourd’hui très loin.

Acheter des actions Atos, en pariant sur un redressement de la société, peut-il être intéressant ? Nous vous proposons une analyse de sa situation, à travers son historique, ses performances financières, ses perspectives et ses dirigeants.

Actualités

Au premier semestre 2025, la baisse du chiffre d’affaires se confirme, avec un recul de 17,4%. Néanmoins, Atos parvient à diminuer sa perte nette grâce à la réduction des charges opérationnelles et salariales. L’entreprise a également annoncé la signature de la cession de son activité Advanced Computing à l’État français.

Le nouveau plan stratégique d’Atos, Genesis, prévoit de générer une croissance significative du chiffre d’affaires et des marges opérationnelles.

Avertissement

Les informations fournies sont uniquement à but éducatif. Finclub ne propose pas de conseil en investissement ni de services de courtage. Nous ne recommandons pas d’acheter ni de vendre un actif ou produit d’investissement particulier.

Présentation d’Atos

Caractéristiques de l’action Atos (ATO)

Code ISINFR0000051732
IndiceSBF 120
MarchéEuronext Paris
Secteur d’activitéServices et conseils en informatique
Capitalisation (août 2025)676 M€
PER 20240,08x
Rendement 20240 %
Éligibilité au PEA
Suivre le cours
Source : Zonebourse

Cours de l’action Atos sur 5 ans

Le graphique suivant montre l’évolution du cours d’Atos depuis 5 ans. On observe une chute progressive de la valeur boursière de la société depuis le début de l’année 2021.

Cette situation s’explique tout d’abord par le projet de rachat du groupe américain DXC, mal perçu par le marché. La firme enregistre par ailleurs un déficit de 3 milliards d’euros pour son exercice 2020.

Puis, elle annonce un projet de scission en juin 2022, qui inquiète les salariés comme les actionnaires. Atos perd ainsi 65 % de sa valeur boursière entre début janvier 2021 et juin 2022. Le prix de l’action semble se maintenir, avant de reprendre sa chute à l’été 2023. La société publie des résultats semestriels décevants, et enregistre finalement une nouvelle perte de 3,4 milliards d’euros sur l’année.

Depuis, l’action du géant technologique s’est stabilisée, mais ne parvient pas à renouer avec une croissance durable de son cours.

Atos : Informations clés

Brève histoire d’Atos

La société naît, en 1997, de la fusion de deux entreprises de services informatiques, Axime et Sligos.

Elle connaît un développement accéléré dès le début des années 2000, jusqu’à s’imposer comme l’un des leaders mondiaux de la transformation numérique. Elle devient, par exemple, le partenaire informatique du Comité International Olympique (CIO) en 2002.

Elle fait alors figure de fleuron français et européen, face aux géants technologiques américains. En 2017, elle entre d’ailleurs son entrée au CAC 40.

Atos déploie ses activités dans le domaine du cloud, de la gestion des données, ou encore de la cybersécurité. La firme investit également dans le développement d’applications d’intelligence artificielle destinées au secteur de la finance.

Sa dynamique se brise rapidement après la démission du directeur général Thierry Breton, en octobre 2019. Une réorganisation ratée, le départ de cadres et des choix stratégiques incompris conduisent à un effondrement des performances financières d’Atos.

Le 15 octobre 2024, un plan de sauvegarde accéléré est arrêté pour permettre à la société de survivre. Il prévoit notamment la conversion de 2,9 milliards d’euros de dettes en capital. Dans le même temps, l’État français se positionne pour le rachat de l’activité de supercalculateurs d’Atos, considérée comme sensible.

Direction d’Atos

Thierry Breton pilote l’entreprise pendant 10 ans, jusqu’en 2019 et son départ pour la Commission européenne. Atos connaît depuis une valse de ses directeurs généraux, induite par des performances décevantes.

Depuis février 2025, ce poste est occupé par Philippe Salle, qui administrait auparavant le groupe Foncia. Il est chargé de conduire le redressement d’Atos, au terme de la période de restructuration financière. Il est secondé par : 

  • Jacques-François de Prest, comme directeur financier ;
  • Paul Peterson, en tant que directeur des ressources humaines.

Le conseil d’administration de la société compte par ailleurs 10 membres. Il est présidé par Philippe Salle depuis octobre 2024.

Actionnaires principaux d’Atos

Quatre actionnaires détiennent plus de 1% du capital de la société : 

  • ING Bank NV ;
  • Melqart Asset Management ;
  • D.E. Shaw & Co ;
  • Tresidor Investment Management.

Données fondamentales et ratios financiers d’Atos

Le tableau suivant présente les données financières à connaître si vous voulez acheter l’action Atos, et parier sur le redressement de l’ex-fleuron technologique français.

2021202220232024
Chiffre d’affaires*10  83911  34110  6939 577
Résultat d’exploitation* (EBIT)383356467199
Résultat net*-2  962-1  012-3  441248
Endettement net*1  2261  4502  2301 238
Rentabilité des fonds propres (ROE)-3,81%-0,68%3,79%-4,70%
Bénéfice net par action (BNPA)-27,03€-9,14€-31,04€0,03€
Price earnings ratio (PER)-1,38x-0,99x-0,23x0,08x
Dividendes par action0000
Taux de rendement 0%0%0%0%
Source : Zonebourse / * (en millions d’euros)

Les résultats d’Atos

On observe que le chiffre d’affaires d’Atos n’enregistre pas de variation significative entre 2021 et 2023. S’il demeure stable, les résultats de la société sont en chute libre, puisqu’elle accumule plus de 7 milliards de pertes sur ces trois exercices.

Le déficit 2021 provient essentiellement de dépréciations d’actifs (2,4 milliards d’euros). La firme subit aussi une baisse de sa marge opérationnelle, qui résulte d’une augmentation de ses coûts.

En 2023, elle enregistre de nouvelles dépréciations, à hauteur de 2,5 milliards d’euros. L’entreprise doit par ailleurs supporter un surplus de charges lié au projet de restructuration et elle voit son endettement net croître.

Elle redevient bénéficiaire en 2024, mais son chiffre d’affaires est en baisse (-10 %). Cette perte de vitesse s’explique par un ralentissement du marché aux États-Unis et en Europe, mais aussi par des résiliations de contrats en cours. [1]

Dans le même temps, le plan de restructuration financière permet de réduire significativement l’endettement du groupe.

Au premier semestre 2025, la baisse du chiffre d’affaires se confirme, avec un recul de 17,4%. Néanmoins, Atos parvient à diminuer sa perte nette grâce à la réduction des charges opérationnelles et salariales. L’entreprise a également annoncé la signature de la cession de son activité Advanced Computing à l’État français.

Pour les résultats du 3e trimestre, consultez la vidéo.

La politique de dividendes d’Atos

Le dernier dividende versé par Atos remonte à 2020. Dès l’année suivante, la société enregistre des déficits conséquents.

Au terme de l’exercice 2023, ses capitaux propres n’étaient plus que de 60 millions d’euros, contre 7 milliards d’euros en 2019. Quant à son endettement net, il atteint 1,2 milliard d’euros au 31/12/2024. Il est donc peu probable que l’entreprise puisse distribuer ses prochains bénéfices.

Secteurs d’activité

La société opère par le biais de deux divisions.

ActivitésChiffre d’affaires 2024Part du chiffre d’affaires 2024
EvidenCloud et développement d’applications
Supercalculateurs et cybersécurité
4 604 Md €48 %
Tech FoundationsInfrastructures informatiques et infogérance4 972 Md €52 %

Le groupe projetait de céder les activités de Tech Foundations à l’été 2023. Cette opération n’a finalement pas abouti.

Par ailleurs, la répartition géographique des recettes d’Atos est la suivante en 2024.

Principaux concurrents d’Atos

Atos se place en cinquième position du classement des Entreprises de Services du Numérique (ESN) publié par Numeum et KPMG, en octobre 2024. [2] Il porte sur le marché français, pour l’année 2023.

ClassementEntrepriseChiffre d’affaires France en millions d’euros
1Capgemini4 537
2Sopra Steria2 808
3Accenture2 745
4SCC France2 719
5Atos1 867

Selon une étude conduite par le cabinet spécialisé PAC [3] , Atos arrive par ailleurs en seconde position du marché de la cybersécurité en France. Orange Business se classe premier et Thales troisième, en 2023.

Action Atos : Forces et faiblesses

Le positionnement d’Atos

La société travaille toujours sur des missions d’envergure. Le CIO lui a confié par exemple la gestion de la cybersécurité des Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024. Atos a été choisi par Bruxelles pour son projet Atlas en juillet 2025 et a été reconduit par Google Cloud pour des services managés.

Le secteur des solutions informatiques reste par ailleurs porteur, bien que de nombreux acteurs tentent de s’y faire une place. À titre d’exemple, PAC prévoit une croissance annuelle de 10 % du marché européen de la cybersécurité, à moyen terme. [4]

Les supercalculateurs, l’autre division prometteuse d’Atos, a été cédé à l’État français, pour 410 millions d’euros. Ainsi, le champ d’action du groupe est en cours de reconstruction. Il devra réussir à s’appuyer sur un nombre restreint d’activités pour retrouver une meilleure profitabilité.

La stratégie de développement d’Atos

Le groupe a achevé sa restructuration financière en fin d’année 2024. En mai 2025, Philippe Salle a présenté son plan stratégique et de transformation, nommé Genesis. Il prévoit : 

  • de renforcer sa position de partenaire technologique de référence ;
  • de simplifier son offre, son implantation géographique et son système de gouvernance ;
  • d’alléger ses coûts ;
  • d’investir dans l’intelligence artificielle et l’innovation ;
  • d’atteindre 9 à 10 milliards d’euros de chiffre d’affaires et 10% de marge opérationnelle, d’ici 2028. ;

Début mars, l’entreprise avait annoncé son projet de regrouper ses actions à hauteur de 10 000 pour 1. Ce mécanisme a pour objectif de rendre son titre plus attractif, après la dilution subie à l’occasion de l’entrée des créanciers au capital. [5]

Investir dans l’action Atos : les risques

Le géant technologique français fait face à un endettement financier élevé. Sa pérennité dépendra grandement de sa capacité à faire face à ses échéances dans les années à venir.

Pour redresser la barre, Atos devra améliorer son taux de marge opérationnelle. Il n’est plus que de 2,1 % en 2024, en baisse de 2,3 points sur un an. À titre de comparaison, cet indicateur s’élevait à 9 % en 2020.

La firme doit enfin maintenir une capacité d’innovation suffisante pour ne pas prendre de retard sur ses concurrents. En effet, les différents marchés technologiques sur lesquels elle est implantée évoluent rapidement.

Bon à savoir

Pour déterminer si vous souhaitez ou non acheter l’action Atos, vous pouvez suivre son cours en direct, avec une application bourse gratuite, comme celle proposée par ProRealTime. Elle vous permet de consulter les graphiques et de positionner des indicateurs et des alertes pour une meilleure prise de décision.

Découvrez ses fonctionnalités via le compte de démonstration de ProRealTime.

Comment acheter des actions Atos ?

Pour acheter une action Atos, commencez par ouvrir un compte de courtage. Étudiez différents critères pour choisir votre courtier en bourse : supports d’investissement proposés, frais, fonctionnalités de l’interface, etc.

Pour ce dernier critère, vous pouvez opter pour une plateforme web, une application mobile ou un logiciel.

Vous devez ensuite choisir l’enveloppe qui accueillera vos actifs. Pour y voir plus clair, découvrez nos sélections de PEA ou de comptes-titres. Une fois que vous aurez ouvert l’un de ces supports, vous pourrez passer un ordre de bourse pour acheter des actions Atos.

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Othmane Bennis
Éditeur & Investisseur

Diplômé du Master Grande École de SKEMA Business School et d’un Master en Analyse financière internationale de la Faculté de finance, banque et comptabilité de Lille, Othmane a également passé avec succès le premier niveau du CFA.